10 mai 2021

Rencontre avec Jérôme ILLAT, fondateur de Bo Bonsaï

La vision de Bo Bonsaï est unique : au croisement du raffinement des traditions japonaises et de l’excellence française, Bô offre une expérience esthétique, émotionnelle et culturelle hors du commun. Bô, c’est aussi la rencontre d’un art millénaire et du XXIè siècle.

La vision de Bo Bonsaï est unique : « Au  croisement du raffinement des traditions japonaises et de l’excellence française, Bô offre une expérience esthétique, émotionnelle et culturelle hors du commun. Bô, c’est aussi la rencontre d’un art millénaire et du XXIè siècle. »

Reconnaissez que cette approche à de quoi intriguer. Ce fut avec la même curiosité que Didier Rousseau a croisé la route de Jérôme Illat. D’abord comme client, puis désormais investisseur et mentor avec FAMM, Didier Rousseau défend cette approche mélangeant la tradition avec la technologie.

Au sortir d’un nouveau confinement, nous avons pris le temps d’échanger avec Jérôme ILLAT, pour partager autour de la genèse du projet de Bô Bonsaï et comment l’entreprise a dû s’adapter pendant cette période de pandémie.

Internet des objets et art ancestral, l’approche paraît étonnante. En quelques mots, comment définiriez-vous l’approche que vous défendez avec Bo Bonsaï ?

Effectivement en première lecture, cela peut paraître incongru. D’autant qu’il conviendrait de parler également de Machine Learning et de Blockchain pour être complet. Nous intégrons également ces technologies dans notre système exclusif que nous appelons l’IoTree.

En réalité, tout ceci est parfaitement complémentaire et sert notre volonté farouche de défendre et partager un patrimoine artistique et culturel merveilleux, celui de l’art du bonsaï.

Comment ? En faisant tomber ce que j’appelle le « paradoxe du bonsai ».

D’un côté, le grand public adore les bonsaïs. Ils permettent de vivre une expérience à la fois esthétique, émotionnelle et culturelle hors du commun, en établissant un lien unique avec une œuvre d’art naturelle, transmise de générations en générations. Mais d’un autre côté, le bonsaï a la mauvaise réputation d’être fragile. Or, il n’en est rien.

Le bonsaï n’est pas fragile. C’est un arbre, l’être vivant le plus résilient qui soit. En revanche, l’art du bonsaï est très technique. Je dis souvent qu’un bonsaï est un sportif de haut niveau à qui il convient d’apporter la juste quantité d’eau, de nutriments, de lumière et de chaleur au bon moment, pour qu’il soit en parfaite santé et ainsi nous permettre de le guider dans la maximisation de son potentiel artistique.

Pour disposer de cette expertise, vous avez alors deux options. Soit vous former pendant six ans dans une pépinière au Japon, soit mettre en œuvre la technologie pour modéliser cette connaissance et la rendre accessible au propriétaire de l’arbre. Ainsi, pour nos clients, que nous appelons les « Gardiens », l’entretien devient un jeu d’enfant. Ils se laissent guider par leur smartphone, car ils disposent d’un maître bonsai dans leur poche !

Nous proposons au-delà un service de conciergerie pour assurer la logistique du bonsai, un centre de contact qui surveille les collections et répond à toutes les questions, des experts (y compris des maîtres japonais) pour la taille, le design et le rempotage.

Comment est née cette aventure entrepreneuriale ?

J’ai découvert l’art du bonsaï par hasard à l’âge de seize ans. J’ai débuté dans cet art en autodidacte. En 2015, j’ai eu la chance d’être accepté chez maître Keiichi Fujikawa à Osaka au sein de la Fujikawa International School of Bonsai. C’est là que tout a démarré, classiquement par de belles rencontres.

Tout d’abord Naoki Maeoka jeune maître bonsaï avec qui nous avons décidé de lancer un projet commun autour du bonsaï. Maeoka-san est un artiste merveilleux qui a su se nourrir des traditions japonaises ancestrales pour mieux s’ouvrir au monde. Il en résulte un travail des arbres tout en finesse, élégance et modernité.

De retour en France, seconde rencontre décisive avec Ludovic Le Moan fondateur visionnaire de Sigfox. C’est d’une discussion avec Ludovic que nait l’idée de connecter les bonsais pour permettre au plus grand nombre de profiter de cette expérience.

Didier entend parler du projet, décide de nous accompagner. Bō était lancé.

Quel peut être le rôle d’un accélérateur de croissance comme FAMM pour une société comme la vôtre ?

Pour moi, FAMM c’est avant tout sa figure de proue, Didier. Un homme incroyable, au parcours et à la vie riches de mille expériences. Une source d’inspiration et de motivation. Au-delà un personnage bienveillant qui sait écouter et conseiller. Tu as une idée ? Tu veux savoir si elle est bonne ? Tu appelles Didier ! Tu pitches. Si tu n’as en retour que cinq secondes de silence, tu sais que tu peux revoir ta copie ! Tu as un coup de moins bien ? Tu appelles Didier ! Sa grosse voix, son rire, son éternel optimisme, tu t’en nourris et tu avances.

Didier m’a appris deux choses essentielles. La première, tu dois prouver. La seconde, tu dois admettre que tu n’es pas omniscient, ni omnipotent d’ailleurs.

Mais FAMM c’est aussi un réseau dans lequel on peut évoluer librement au grès de ses envies pour là encore faire des rencontres inspirantes ou business.

Si je ne devais en citer qu’une, ce serait Gérard Rancinan. Ancien grand reporter, il est aujourd’hui un des plus grands photographes d’art français. L’artiste absolu. Avoir l’honneur de passer deux heures dans son studio et discuter avec Gérard c’est prendre une leçon d’art et de vie. C’est se questionner et s’enrichir de cela. Et repartir avec mille idées … à soumettre à Didier !

Nous sortons d’une période où nous avons beaucoup parlé de « croissance résiliente ». Comment avez-vous adapté l’approche de Bô Bonsaï ces derniers mois dans un contexte de confinement et de crise sanitaire ?

Pour Bo, la crise de la Covid-19 est arrivée au moment où nous venions juste de débuter la commercialisation. Le choc fut rude. Car d’une part notre processus de vente nécessitait de nombreuses rencontres en présentiel pour connaître nos clients, leurs désirs, pour comprendre quel type d’arbre serait adapté au lieu d’exposition. Et bien sûr d’autre part, nos clients, B2B notamment, étaient fortement impactés par l’arrêt brutal de l’activité économique. Nous avons alors eu deux réflexes.

Le premier fut un réflexe de survie. Reprendre l’exercice budgétaire, couper tous les couts pour tenir, tenir et tenir encore. Nous devions absolument être encore là au sortir de la crise. Et nous avons réussi. Notamment grâce au fait que Bō est très agile dans sa structure de couts et son fonctionnement. A ce titre, je profite de cette interview pour exprimer toute ma reconnaissance à l’équipe qui est restée à bord sans jamais douter de notre potentiel, Emmanuelle, Guillain, Jean-Marc et Jean-Yves.

La seconde réaction, et sans doute la plus importante, fut de profiter de ce temps suspendu pour prendre du recul. Bō venait d’avoir deux ans. Il fallait challenger ce que nous avions réalisé. Nous avons alors ressorti notre boite à idée pour imaginer de nouveaux concepts, de nouveaux produits et services.

C’est ainsi que nous avons construit de nouveaux services : la garantie du bonsai, la certification blockchain de la prise de valeur des bonsais au terme de chaque opération de design.

C’est ainsi que nous avons créé la gamme « Hanko » (le sceau en japonais) pour permettre au plus grand nombre de profiter de l’expérience Bō sans compromis sur la qualité des arbres et en gardant nos éléments différenciants : des arbres japonais issus de nurseries prestigieuses, le système Iotree, des pots en marbre de Carrare, un service d’accompagnement pour vivre l’expérience en toute simplicité.

Enfin, nous en avons profité pour refondre notre plateforme de marque et designer l’univers visuel et sémantique dans lequel nous avions envie d’évoluer.

Avec la réouverture des lieux physiques (hôtels, …), quelles seront les prochaines étapes de développement de Bô Bonsaï ?

Au sortir de cette crise inédite, il semble que le public a envie « d’autre chose », de retrouver du sens, de se reconnecter à la Nature. Nous avons donc été pas mal sollicités. Et nous disposons désormais de plusieurs points de vente physique où nos clients pourront bientôt découvrir l’expérience « bonsai d’art by Bō ». Deux au Luxembourg et un à Paris place Vendôme.

Nous finalisons également des discussions avec une marketplace de « luxe éthique ». Nous devrions être en mesure de communiquer bientôt sur ces excellentes nouvelles.

Au-delà, cette crise a mis en lumière certaines fragilités sociétales. Je pense notamment aux conditions de vie de nos ainés et au champ de questionnements qui s’est ouvert sur la place du travail avec l’explosion prodigieuse du télétravail. Nos bonsais d’art ont sans doute un rôle à jouer et peuvent apporter leur petite pierre à ces édifices qu’il convient de reconstruire.

Ainsi, nous proposons désormais une offre destinée aux résidences pour personnes âgées à qui l’art du bonsai peut apporter une touche de douceur de vivre supplémentaire, une sorte de compagnon silencieux et bienveillant. Nous avons également développé une offre « well being @work by Bō » qui s’articule autour de l’expérience bonsai en tant qu’ancrage de bonnes pratiques sur le lieu de travail (intelligence relationnelle, lâcher prise, perception du temps).

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