15 avril 2020

Sachons nous réinventer : quelles solutions et quels chan-gements pour l’après crise du coronavirus ?

L’Etat a abandonné certaines de nos industries et secteurs. Nos modèles agricoles sont à bout de souffle et sont à réinventer en profondeur. Les Français se déclarent être prêts à ces changements. Selon un sondage ODOXA Comfluence, les Français ne veulent pas que l’après-coronavirus ressemble à l’avant. Ils se disent prêts à plus de 90% à une hausse des prix en contrepartie de la relocalisation des productions essentielles et d’une poussée du « made in France ».

La crise que nous vivons met en avant le rôle majeur de l’Etat : que ce soit dans les aides financières et de soutien à apporter aux entreprises et à des pans entiers de notre économie, l’organisation logistique liée à un confinement de l’ensemble de la population, la gestion « tendue » des certaines ressources indispensables (masques, respirateurs…) au fonctionnement de notre modèle sanitaire. Elle montre également les profondes limites et la nécessité d’un «  changement de logiciel » pour l’après-confinement.

« Sachons nous réinventer »

Dans son allocution du 13 avril, Emmanuel MACRON a pointé lui-même du doigt les propres manques de préparation et d’organisation du gouvernement face à une crise sous-évaluée. « Sachons nous réinventer, moi le premier » conclut-il pour annoncer de profonds changements à venir. Mais quels changements ?

Les changements doivent être profonds pour permettre à l’Etat un fonctionnement plus réactif, favorisant réellement l’innovation et le changement de modèle vers une croissance verte. Cette croissance vertueuse doit assurer la compatibilité d’un développement économique retrouvée et la prise en compte des enjeux durables liés à l’environnement. Nous avons tous pu constater la formidable mobilisation d’associations, d’entreprises, de start-ups, de citoyens qui n’ont pas hésité à transformer leur outil de production pour répondre à l’impérieuse nécessité de masques ou de gels hydroalcooliques. Serycine, société qui relance la filière de la soie en France, n’a pas hésité à mettre à disposition ses équipes et adapter sa production pour contribuer à fournir des masques, quelques jours seulement après le début du confinement, tout comme ses confrères de l’industrie textile.

Dans le même temps, le gouvernement et la BPI ont su apporter de premières réponses rapidement que ce soit pour l’organisation du confinement ou bien le soutien économique et financier aux entreprises et salariés… « quoi qu’il en coûte ».

Le 17 mars dernier, Bruno Le Maire annonçait la « mobilisation totale de l’Etat au service des salariés et des entrepreneurs ». Nous le savons, cet engagement a et aura un profond coût pour notre économie. L’Etat se pose ici en « sauveur » en accordant un soutien financier massif (et toutefois sûrement insuffisant).  Ce rôle est nécessaire en période de crise mais ne peut pas cacher les « pain points ».

Les efforts consentis ne doivent pas occulter les changements plus profonds qui devront être, dès demain, sur le haut de la pile des réflexions et des actions. Sans mettre en cause le phénomène global de mondialisation, voici les trois enjeux majeurs auxquels devrait s’atteler le gouvernement : la place du « Made in France » et de la consommation locale, l’allocation des ressources de l’Etat pour l’innovation et le rôle de l’Etat dans des secteurs économiques clés. L’Etat a négligé certaines de nos industries et secteurs. Nos modèles agricoles sont à bout de souffle et sont à réinventer en profondeur. Les Français se déclarent être prêts à ces changements. Selon un sondage Odoxa-Comfluence, les Français ne veulent pas que l’après-coronavirus ressemble à l’avant. Ils se disent prêts, à plus de 90%, à une hausse des prix en contrepartie de la relocalisation des productions essentielles et d’une poussée du « Made in France ».

La crise sanitaire que nous vivons aujourd’hui ne doit pas nous faire oublier tous les autres enjeux, le réchauffement climatique en premier lieu, sans doute plus graves à terme que le coronavirus. La forte mobilisation, depuis plus d’un mois, de l’Etat prouve une capacité à agir et réagir lorsque cela s’impose ; ce qui s’imposera dès demain c’est la nécessité de repenser en profondeur nos modèles économiques et leur chaîne de valeurs.

La France doit se défaire de sa tradition jacobine afin de faire de la politique un outil du bien commun. Conditionnés par plus de trois siècles de centralisation, nous avons tué la culture de l’innovation, de la réactivité et du changement en France. Nos organisations, nos entreprises et nos startups sont riches d’actions concrètes mais se heurtent, trop souvent, à la lenteur et l’immobilisme du mode de fonctionnement étatique, voir corporatiste.

Xenothera, société de biotechnologies basée à Nantes, travaille depuis 2015 sur un traitement thérapeutique à base d’anticorps polyclonaux permettant de lutter contre des virus et maladies infectieuses (Ebola, précédents covid). En cette période, où le gouvernement annonce le déblocage de fonds importants pour le soutien à la recherche, les circuits de validation dirigent encore les ressources financières vers instances établies et les acteurs traditionnels, en laissant de côté l’innovation venant de plus petits laboratoires.

Si la volonté et les attentes existent, ce sont bien les moyens, pour des circuits plus courts, qui doivent être bousculés pour s’assurer que les financements arrivent, plus et surtout plus vite, vers ceux qui peuvent apporter des solutions de rupture et donc d’innovation. On définit souvent l’innovation par la capacité à avoir de nouvelles idées… mais pour faire place à ces nouvelles idées, il faut déjà apprendre à se défaire des anciennes. La cohabitation n’est pas judicieuse et la transition doit désormais être rapide pour tourner nos économies vers le XXIème siècle et les enjeux majeurs que nous devons affronter.

Bill Gates rappelait dès 2015 que ce qui pourrait frapper le plus durement nos civilisations ne serait probablement pas une guerre nucléaire entre plusieurs forces mais la non préparation de nos économies face aux épidémies. « Nous ne sommes pas prêts » clamait-il par des propos qui paraissent aujourd’hui prophétiques. J’ose penser que nous n’étions pas prêts hier aux changements majeurs de nos économies et que, par un « test and learn » douloureux mais devenu conscient, nous le sommes désormais.

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