Le Venture Capital adore prétendre qu’il fonctionne grâce à l’analyse, les modèles économiques et les données. La vérité ? Une grande partie des décisions d’investissement repose toujours sur l’intuition, la narration et une forme très sophistiquée de “feeling”.
Ce n’est pas un secret dans l’industrie : depuis des décennies, les investisseurs prétendent s’appuyer sur la rigueur, tout en se laissant guider par ce qu’ils pensent voir chez un fondateur, un pitch, une traction — ou une intuition impossible à formaliser.
Ce modèle a produit Google, Airbnb, Stripe… mais il a aussi produit WeWork, FTX, Theranos. Et c’est précisément là que l’IA entre en scène.
Le VC a un probleme qu’il n’aime pas nommer : le biais de confirmation
Le biais de confirmation est un poison lent. Une fois que l’investisseur est convaincu qu’une équipe « sent bon », il ne cherche plus la vérité : il cherche la preuve qu’il a raison.
- Les signaux négatifs deviennent des détails
- Les faiblesses sont réinterprétées en « opportunités »
- Les red flags deviennent des “excentricités de génie”
Le VC n’est pas une industrie irrationnelle, c’est une industrie rationnelle après coup.
Et c’est là que l’IA peut créer une rupture.
Non, l’IA ne va pas choisir les startups du futur
Mais elle peut faire quelque chose que les humains font très mal : Dire “tu te racontes une histoire”. Un modèle conversationnel comme ChatGPT, entraîné sur des données structurées, peut :
- challenger les hypothèses plutôt que les renforcer,
- proposer des scénarios alternatifs,
- identifier les trous logiques dans un pitch,
- poser des questions que personne dans la salle n’ose formuler.
L’IA devient alors le premier membre du comité d’investissement qui n’a rien à prouver, aucun ego à sauver, aucune réputation à défendre.
C’est une révolution silencieuse.
Et si le VC devenait enfin un metier moins artisanal ?
Imaginez un assistant d’investissement IA (appelons-le FAMMBot). Pas pour remplacer les investisseurs.
Pour les empêcher de s’auto-intoxiquer.
FAMMBot ne décide pas, mais il :
- décortique un pitch en logique, données, incohérences,
- signale les éléments manquants, les risques ignorés,
- compare avec des centaines de cas similaires historiques,
- vérifie si l’excitation du moment n’est pas une bulle émotionnelle.
La thèse fondamentale du texte original est limpide :
L’IA n’est pas là pour rendre le VC plus intelligent.
Elle est là pour le rendre moins idiot.
Et apres ? Quels roles peut jouer l’IA dans le cycle complet d’investissement ?
Ce qui se joue dépasse le simple comité d’investissement :
- Sourcing : Identification précoce des signaux faibles, deal-flow élargi
- Due diligence : Analyse documentaire automatisée, benchmark accéléré
- Monitoring : Suivi KPI, alertes, détection des dérives
- Création de valeur : Recommandations marketing / communication, optimisation positionnement, segmentation, suivi concurrentiel
Le vrai risque n’est pas l’IA… c’est de continuer comme avant
Dans un marché où l’information circule plus vite que jamais, où les cycles technologiques se compressent, où les barrières à l’entrée se réduisent, l’intuition seule devient dangereuse.
L’IA n’est pas un oracle. Elle ne sait pas prédire la prochaine licorne. Mais elle sait séparer l’excitation du raisonnement.
Et c’est peut-être exactement ce qu’il manque au Venture Capital depuis 40 ans.
L’IA : un garde-fou cognitif ?
Le VC n’a jamais manqué de capital, de pitch decks ou d’ego. Ce qu’il manque aujourd’hui, c’est un garde-fou cognitif.
L’IA n’est pas une menace pour les investisseurs. C’est la première technologie qui peut :
- réduire les biais,
- introduire de la discipline,
- réintroduire la rationalité dans un métier obsédé par les mythes.
La disruption ne viendra pas d’un modèle d’IA qui choisira les startups. Elle viendra du jour où le VC cessera enfin de croire qu’il a toujours raison.