L’AgriTech, longtemps promesse d’un avenir high-tech pour nos champs, semble en 2025 à un tournant. D’un côté, des technologies de rupture — IA, robotique, données, capteurs, agronomie de précision — poursuivent leur révolution des pratiques agricoles. De l’autre, un marché en quête de maturité, des attentes de rentabilité plus fortes, et des agriculteurs sous pression face aux crises climatiques et économiques.
L’innovation agricole n’est pas un pari lointain mais une realite operationnelle que nous accompagnons avec FAMM
Mais il y a un troisième élément : des entreprises concrètes, parfois soutenues dès leurs débuts, qui montrent que l’innovation agricole n’est pas un pari lointain, mais un projet vivant, utile, et déjà en marche. C’est le cas de plusieurs startups financées par FAMM, dont certaines sont aujourd’hui des références dans l’écosystème AgriTech français comme :
- Agryco : la marketplace leader pour les agriculteurs a poursuivi sa croissance internationale cette année avec un nouveau nom et des rachats de concurrents)
- Miimosa s’impose comme la 1e plateforme de financement participatif pour le monde agricole et qui a financé plus de 7 500 projets sur les dix dernières années.
- Weenat innove avec le lancement début 2026 de Soil Vision, une solution basée sur l’IA et une combinaison de modèles permettant de suivre et de prévoir l’évolution de l’humidité des sols à grande échelle, sans capteurs physiques.
- NeoFarm qui a également changé de nom récemment pour devenir Les Fermes Debout et affirmer encore plus son positionnement unique de ferme technologique et engagé pour l’agroécologie
En 2025, l’innovation agricole cesse d’être un pari optimiste pour devenir un enjeu stratégique concret — pour la souveraineté alimentaire, la transition écologique… et pour les investisseurs qui croient en ce grand secteur.
Quelques reperes pour saisir l’ampleur de la transformation de l’AgriTech en 2025
L’écosystème AgriTech / FoodTech français reste dynamique malgré la conjoncture. En 2024, même si les levées globales ralentissent, la tranche des investissements intermédiaires (10–50 M€) progresse de 40 % — signe que des projets structurants sont toujours financés.
Les technologies, les logiciels, l’analyse de données, l’agriculture de précision, la traçabilité, l’irrigation intelligente ou encore le financement alternatif de l’agriculture continuent d’attirer : l’agriculture innovante reste l’un des segments les plus surveillés de l’AgriTech.
Cependant, les investisseurs et les agriculteurs cherchent désormais des solutions tangibles, qui font sens, plutôt que des prototypes séduisants — d’où l’importance de soutenir les “bons chevaux” du secteur, ceux qui démontrent une proposition de valeur robuste.
Nous defendons un investissement utile pour accompagner la transformation du monde agricole
L’un des atouts de l’écosystème AgriTech français, ce sont ces sociétés qui combinent innovation, utilité pour les agriculteurs, et ambition industrielle. Plusieurs d’entre elles sont soutenues par FAMM — ce qui illustre comment un fonds orienté “innovation + impact” peut jouer un rôle structurant. Parmi elles :
Agryco (ex-Agriconomie) : la marketplace agricole qui structure le e-commerce pour les agriculteurs
Agryco est l’une des plateformes les plus dynamiques en France pour permettre aux exploitants d’acheter équipements, semences, intrants, pièces détachées, fournitures agricoles, etc., simplement et à bon prix. FAMM figure parmi ses soutiens historiques.
En 2025, Agryco a franchi une étape majeure avec le rachat de la startup Farmitoo, renforçant ainsi son offre et étendant sa portée à près de 100 000 agriculteurs dans plusieurs pays.
Résultat : Agryco n’est plus seulement une marketplace, mais un véritable “guichet global” pour l’exploitation agricole moderne — un pilier clé pour la distribution des produits, l’approvisionnement des exploitations, et la rationalisation des achats agricoles.
Weenat : l’agriculture connectée, météo et sol en temps réel
Weenat propose des capteurs connectés et une plateforme d’aide à la décision permettant aux agriculteurs de suivre la météo, la teneur en eau des sols, les conditions agronomiques — du semis à la récolte. Grâce à ces données, ils peuvent affiner leurs pratiques, optimiser les intrants, réduire les risques climatiques
En 2024, Weenat a réalisée une levée de fonds majeure (série C de 8,5 M€) pour accélérer son développement international et renforcer sa R&D sur la gestion de l’eau et la résilience climatique.
Dans un contexte de changement climatique, de stress hydrique, de volatilité des récoltes — Weenat illustre parfaitement le rôle de l’AgriTech : donner des outils de maîtrise, de décision et de prévoyance à ceux qui travaillent la terre.
En 2026, Weenat lancera une innovation mondiale majeure. Soil Vision, c’est le nom de la solution, sera disponible début 2026, et se veut être une technologie basée sur l’intelligence artificielle et une combinaison de modèles permettant de suivre et de prévoir l’évolution de l’humidité des sols à grande échelle, sans capteurs physiques.
L’objectif principal est clair : transformer les connaissances de terrain et les données d’humidité des sols en outils concrets pour permettre aux acteurs du monde agricole de relever les défis de la gestion de l’eau à l’échelle continentale.
MiiMOSA : le financement participatif de la transition agricole
MiiMOSA a choisi une voie différente : démocratiser l’accès au financement pour les agriculteurs et les entrepreneurs agroalimentaires via le crowdfunding. Le modèle ? Investisseurs particuliers et institutionnels contribuent à des projets agricoles ou alimentaires, en échange de contreparties ou d’un retour.
MiiMOSA a levé plusieurs millions au fil des ans, et a étendu son périmètre au-delà de la France. Elle incarne l’idée que l’AgriTech et la transition agricole ne se financent pas seulement par les grands fonds, mais aussi par la participation collective, l’engagement citoyen, la mobilisation des territoires.
FAMM : un acteur engage pour la transition agricole
Ces trois entreprises — Agryco, Weenat, MiiMOSA — montrent que l’AgriTech ne se cantonne pas aux laboratoires ou aux idées abstraites. Elle se concrétise : sur les marchés, dans les exploitations, auprès des agriculteurs, des coopératives, des circuits, des sols.
En tant que fonds d’investissement et un acteur engagé dans l’accompagnement des startups financé, c’est exactement le type de pari qui a du sens pour FAMM : un impact tangible, une utilité réelle, et un marché en transformation.
Cette annee a ete charniere pour l’AgriTech
De l’innovation “idéale” à l’innovation “utile”
Pendant des années, l’AgriTech a séduit par la promesse : agriculture plus productive, moins dépendante des intrants chimiques, plus durable. Aujourd’hui, la donne change :
- Les investisseurs recherchent des business models solides, des preuves de rentabilité, des retours concrets — pas seulement des prototypes ou des visions.
- Les agriculteurs, sous pression (climat, coûts, régulations), ne peuvent plus expérimenter à l’infini : ils ont besoin de solutions opérationnelles.
- Pour les startups, l’heure est à la scalabilité et à l’impact mesurable, pas à l’effet de mode.
Autrement dit : la sobriété, l’efficacité, la valeur prennent le pas sur l’innovation pour l’innovation.
Une adoption technologique réelle… mais un marché fragmenté
L’essor des technologies (IA, IoT, robotique, data) pousse l’agriculture vers une nouvelle ère — mais l’adoption reste hétérogène.
- Certaines exploitations rurales déjà bien équipées intègrent drones, capteurs, agriculture de précision et gestion fine des sols ou des cultures.
- D’autres, souvent de plus petite taille ou moins capitalisées, restent en marge — freinées par le coût, l’infrastructure, ou la complexité.
- Même en France, malgré un écosystème riche (startups, subventions, soutien public), l’AgriTech doit composer avec la diversité des exploitations, leurs besoins variés, et la nécessité d’adapter les solutions à chaque type de ferme.
Résultat : l’AgriTech ne sera jamais un “taille unique” — elle devra composer avec une grande variété de réalités agricoles.
Entre transition écologique, souveraineté alimentaire et pression économique
L’AgriTech ne se limite plus à la productivité. Elle s’inscrit dans des enjeux profonds : résilience climatique, réduction des intrants, souveraineté alimentaire, optimisation des ressources.
C’est un défi de taille — et une opportunité majeure pour les acteurs qui sauront conjuguer ambition, pragmatisme et adaptabilité.
Les crises climatiques, énergétiques ou géopolitiques rendent la résilience agricole indispensable — l’AgriTech est potentiellement la réponse.
Mais l’équilibre économique reste fragile : l’effet combiné des coûts, de la volatilité des marchés, des régulations, exige des solutions à la fois rentables et responsables.
L’AgriTech n’est plus un rêve futuriste : en 2025, c’est un secteur en pleine transition, oscillant entre ambition, pragmatisme et urgence. Ses promesses — souveraineté alimentaire, durabilité, résilience face au climat — n’ont jamais été aussi crédibles.